26 octobre 2008
Le Pique-Prune peut être redécouvert à Genève !
Voilà près de 30 ans qu'aucune mention de captures ou d'observations d'Osmoderma eremita (mieux connu sous le nom de Pique-Prune ou encore Barbot) n'avait été signalée dans l'agglomération de Genève ! Cet automne j'ai découvert des restes, dont 4 pattes, de cette espèce près de Genève au pied d'un chêne pluri-centenaire. Reste à découvrir dans quel(s) arbre(s) vit encore cette espèce menacée sur le plan européen pour mettre en place un plan de gestion adapté au maintien du Pique-Prune.

L'agglomération de Genève a gardée de nombreux chênes centenaires près des habitations
Ces chênes abritent de nombreux insectes rarissimes mais également des petits mammifères comme cette chauve-souris abritée sous une écorce déhiscente.
Plusieurs dizaines de larves de Lucane cerf-volant (Lucanus cervus) sous un tronc de chêne. Le Cerambyx cerdo est également bien implanté dans Genève alors qu'il est devenu très rare dans le Chablais Français.
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16 mai 2008
Le musée de l'hospice du Grand St Bernard (CH)
L'hospice du Grand St Bernard abrite une riche collection d'histoire naturelle, d'archéologie romaine. Quelques repères sur la vie ancienne de l'Hospice ont également été aménagé dans le musée.
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L'hospice acceuilla de nombreux chanoines naturalistes dont le chanoine Emile Favre qui publiera en 1890, en collaboration avec le docteur Edouard Bugnion, la "Faune des Coléoptères du Valais et des Régions Limitrophes". Un ouvrage très complet pour l'époque et qui fait encore figure de référence aujourd'hui !
Une partie de la collection entomologique du Ch. E. Favre a été conservée et restaurée.
Matériel d'échantillonnage d'époque
D'autres collections et d'autres naturaliste sont représentés
Le col du grand Saint Bernard, situé à 2469 mètres, est également un point de passage pour les papillons migrateurs dont voici un aperçu
Pour d'autres détails, les horaires d'ouvertures et les tarifs je vous invite à allez sur le site du Grand Saint Bernard : http://www.gsbernard.ch/index.php?page=musee-de-l-hospice
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06 décembre 2007
L'Aegosome autour du Lac Léman

L'Aegosome scabricorne (Aegosoma scabricornis) est un coléoptère de la famille des cérambycidés. De grande taille, brun, il affectionne les arbres âgés malades ou lésés mais non résineux. Ce longicorne, malgré sa taille, est assez discret. En effet il entre en activité durant les chaudes nuits d'été ! Sa période d'apparition se situe entre juillet et septembre, avec un pic au mois d'août. L'espèce a toujours été bien présente autour du lac Léman. On la retrouve dans plusieurs forêts claires ou dans quelques vieux arbres isolés qui ont échappé à l'abattage.

Mais encore une fois, j'ai pu constater que sa répartition se réduit d'année en année car ses gîtes deviennent de plus en plus rares et on aperçoit une nette tendance à l'abattage des vieux arbres emblématiques. Pourquoi ?.. La question reste en suspend. Ainsi l'Aegosome est menacé à Chens sur Léman ainsi que d'autres coléoptères qui affectionnent également les vieux arbres (Cétoine dorée, cétoine marbrée, cétoine ferrugineuse...). A Chens, une des dernières allées de "trognes" de la région est menacée d'abattage car jugée dangereuse, alors qu'un simple élagage suffirait à sécuriser le périmètre.

Les habitants et les responsable ont été alertés et j'espère que ce biotope survivra à l'abattage. L'Aegosome est aussi présent à Excenevex sur le domaine de Rovoré. Là encore les vieux arbres pourraient être menacés mais j'ai également prévenu les responsables, qui avaient déjà abattu un arbre colonisé par une espèce protégée : le Cerambyx cerdo (cette espèce est peu commune dans le chablais). A Saint disdille l'espèce prospère encore mais il faut rester vigilant car l'un des derniers gîtes du Prione tanneur (coléoptère cérambycide rarissime en chablais) y a été détruit...

Prione tanneur, cet insecte a semble-t-il disparu de Saint Disdille... Il ne reste qu'un seul gîte connu dans le Chablais.

Arbre colonisé sur le domaine de Rovoré
Jeune larve d'Aegosome dans sa galerie
29 novembre 2007
Le bois de Finges en Valais
Les bois de Finges, forêt de pins sylvestres la plus étendue des Alpes et zone alluviale de 1000 hectares est reconnue au plan européen pour la richesse de sa faune et de sa flore.
La réserve naturelle du Bois de Finges et son parc naturel abritent une vaste pinède où le Rhône s’écoule librement. On y découvre des zones alluviales dynamiques et un paysage de lacs unique. Ce biotope constitue un terrain de prédilection idéal pour de nombreux oiseaux et insectes : coléoptères (Cérambycides, Buprestides, Elaterides...) , libellules et papillons. Le paysage fluvial du Rhône s’étend sur 7 km et 350 hectares. Un véritable paradis pour les poissons mais aussi pour le castor et nombre de reptiles et d’amphibiens, qui affectionnent les zones alluviales. Les prairies et forêts alluviales avoisinantes abritent quant à elles le cerf, le chevreuil, le lynx, l’aigle royal, le blaireau et le renard. Le visiteur de passage y découvrira des prés fleuris, des steppes, un Rhône indompté, qui lui laisseront un souvenir inoubliable.
Le Bois de Finges est le site de référence où l’on peut encore admirer le cours naturel d’un fleuve et une faune et une flore exubérantes, sauvage et préservée.
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Gîte à Ergates faber - (coléoptère cérambycidé, protégé en Suisse).
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12 novembre 2007
Muséum des Papillons et des Insectes de Faverges (Haute Savoie)
Le musée est ouvert du 1er septembre au 15 juin : le mercredi de 14h30 à 17h sur rendez vous, et du 15 juin au 31 août : du lundi au samedi de 14h30 à 18h30. Renseignements - 04 50 33 02 87 ou 04 50 44 40 18 - Muséum des Papillons et des Insectes du Château, chemin de la vie plaine - 74210 FAVERGES (à 25 km d'Annecy)




http://www.museum-faverges.com/
11 novembre 2007
Musée des sciences naturelles dans la vallée d'Aoste
Musée régional de Sciences naturelles
Château de St-Pierre (près de l’hôtel de ville)
Horaire: 9-12/15-19 (ouvert de avril à octobre)
tél. 0165 903485
Ce musée, situé à quelques kilomètres d'Aoste, se partage en plusieurs salles consacrées à différents thèmes axés sur la nature dont la salle n° 8, consacrée aux insectes et plus particulièrement aux papillons et aux coléoptères.
Quelques clichés de mon passage dans ce musée que je vous recommande vivement !









05 novembre 2007
La Rosalie des Alpes - un cérambycide rare et emblématique

La Rosalie des Alpes (Rosalia alpina) est l'un des coléoptères les plus beaux, les plus grands et les plus rares d‘Europe. Il vit dans des hêtraies qui elles, ne sont ni rares ni menacées. Mais pour que les larves puissent se développer, Rosalia alpina doit disposer durant plusieurs années de bois mort de hêtre bien exposé au soleil. Or les endroits où pousse cette essence en Europe sont habités depuis longtemps par des gens qui utilisent intensivement ce bois. C'est la raison pour laquelle ce majestueux cérambycide s'est considérablement raréfié aujourd'hui.
En Europe, l'espèce est surtout présente dans les montagnes des Pyrénées, des Alpes, des Apennins, des Carpates et des Balkans.
Autrefois, la Rosalie des Alpes était largement répandue. Mais en plus des nombreuses captures dont fut l’objet le "plus beau coléoptère d’Europe", c’est surtout le recul des hêtraies vierges riches en vieux bois et en bois mort qui a entraîné l’extinction de Rosalia en maints endroits. Par manque d'alternatives, l'insecte recherche également du bois d'oeuvre et du bois de feu stockés pour y déposer ses oeufs. Si ces bois sont transformés avant que les larves ne s'y soient développées, ils se transforment en piège pour les coléoptères.
En Suisse, sur la base du savoir acquis lors des recherches et des études sur ce cérambycide, des naturalistes proposent de promouvoir la Rosalie des Alpes dans des régions où sa présence est certaine ou supposée. A cet effet, un ou plusieurs troncs de hêtre d’environ 2 m de long et d’au moins 25 cm de diamètre sont placés à des endroits bien ensoleillés. Ici, les femelles peuvent y pondre au moins une partie de leurs oeufs et les larves ne seront pas brûlées avec le bois. Le tronc doit être déposé avant l’émergence de l’insecte, c'est à dire avant le troisième été, à un endroit exempt de bois de chauffage. Les hêtres pourris ou morts depuis peu constitueront à l’avenir un habitat adéquat surtout s’ils sont placés dans une lisière ensoleillée ou sur une aire de chablis pas entièrement nettoyée. Les naturalistes recommandent de laisser sur place les vieux hêtres endommagés ou morts dans les endroits ensoleillés. Les troncs de hêtre et le bois de chauffage destinés à la vente devraient être évacués ou entreposés à l’ombre avant l’été, période d’essaimage de l’insecte. Il est opportun de laisser quelques souches ou troncs de hêtre de moindre qualité sur les aires de chablis. Au moment des coupes, il est utile de laisser sur pied quelques vieux hêtres et hautes souches. En outre, des troncs peuvent être appuyés et fixés contre les arbres sur pied exposés au soleil. Le bois au sol et les petites souches ne sont pas appropriés au développement de la Rosalie des Alpes ________________________________
23 octobre 2007
Un coléoptère menacé partout en Europe

Le pique-prune (Osmoderma eremita) habite les cavités des arbres sénescents. Parce que les vieux arbres à cavités se rencontrent de plus en plus rarement dans les forêts de production de bois, le pique- prune est devenu une espèce rare. Son habitat a également fortement régressé depuis que les pratiques agricoles ont évoluées. En effet, c'est l'agriculture traditionnelles avec ses bocages et ses vergers de hautes-tiges qui générait la formation rapide de cavités dans les vieux arbres. La taille des arbres dite en "têtard" aboutit à la formation de cavités à terreau trois fois plus rapidement que dans des forêts naturelles. Mais malheureusement aujourd'hui ces arbres sont très souvent coupés ou brulés... Les populations d'Osmoderma ne trouvent plus guère d'habitats qui puissent convenir à leurs exigences, les populations s'éteignent l'une après l'autre... Pourtant le pique-prune est un insecte qui permet la décomposition et le recyclage du bois. De plus il est toujours accompagné d'une riche communauté d'espèces liées aux vieux arbres. La fonction de recyclage est essentielle au maintien de la qualité des sols forestiers. Conserver le pique-prune pourrait se traduire par la conservation des paysages comprenant des vieux arbres : parcelles de vieilles forêts, paysages de bocages et de vergers de hautes-tiges. Parce qu'il marque l'histoire du paysage, cet insecte témoigne de la qualité d'un territoire, en particulier grâce au maintien d'un réseau dense d'arbre à cavités. La conservation des bocages permet : de limiter l'érosion des sols, contribuer à améliorer la qualité de l'eau, limiter les effets du vent, fournir de l'ombrage pour le bétail, etc...
En protégeant le pique-prune et les espèces associées, on préserve une fonction écologique essentielle, la décomposition naturelle du bois contribuant à la qualité des sols. C'est aussi la conservation de paysages diversifiés, dans lesquels les vieux arbres apportent une dimension esthétique et symbolique inestimable.
D'après l'excellent fascicule de Vincent Vignon : "Pique-prune, histoire d'une sauvegarde"
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